Résumé
Tout le monde connaît le nom de Samuel Paty, mais peu de gens connaissent réellement son histoire. Le 16 octobre 2020, Samuel Paty, professeur d’Histoire-Géographie, est assassiné (décapité) à la sortie de son collège. À la lumière des enquêtes et des procès, ce film revient sur ses onze derniers jours, et l’engrenage qui a conduit à sa mort tragique.
Avis CinéSam (film vu le : 31/05/2026)
Je suis ressorti de L’abandon, présenté hors compétition à Cannes 2026, profondément remué 😶. Le film revient sur l’histoire de Samuel Paty avec une sobriété qui force le respect, d’autant plus marquante que Mickaelle Paty a participé et est remerciée, ce qui donne au récit une légitimité et une retenue essentielles. On sent constamment cette volonté de comprendre sans jamais trahir, et cela rend l’ensemble d’autant plus percutant.
Antoine Reinartz, que j’avais déjà remarqué dans 120 battements par minute et Anatomie d’une chute, entre autres, confirme ici toute l’étendue de son talent. Habitué aux récits en milieu éducatif comme dans La Vie scolaire, il est d’une justesse et d’un tact remarquables 👏. Face à lui, Emmanuelle Bercot en directrice de collège impose une présence solide, et le reste du casting est également très juste, chacun.e trouvant parfaitement sa place. Les jeunes acteurs et actrices sont impeccables, ce qui renforce encore le réalisme et le malaise qui s’installe progressivement.
Ce malaise naît d’une incompréhension terrible, déclenchée par le mensonge d’une élève insolente, et amplifiée par le pouvoir de propagation des réseaux sociaux 📱. Le film montre avec acuité le traitement de l’information et des fake news, ainsi que la manière dont l’extrémisme religieux préfère attaquer directement plutôt que chercher à comprendre. On ressent la peur chez certains enseignants, tandis que d’autres apportent un soutien précieux à leur collègue, dessinant un tableau nuancé et humain de la communauté éducative.
Les émotions sont intenses, parfois difficiles à encaisser 😔. La question de la fatwa plane comme une menace sourde, une mécanique de vengeance qui se met en marche sans retour possible. Le personnage de Bachira, qui ment et refuse d’avouer par orgueil et fierté, agit comme un miroir des mensonges des extrémistes à plus grande échelle. Le film montre avec une clarté glaçante comment un simple mensonge peut mener au pire…
J’ai aussi été marqué par les défaillances du système administratif et judiciaire, qui donnent tout son sens au titre L’abandon. Pourtant, le film prend soin de montrer la désolidarisation de nombreuses familles musulmanes face à l’intégrisme, notamment à travers la fille du faux imam radicalisé qui vient témoigner, apportant une voix essentielle et courageuse 💬. Le visage du meurtrier, lui, reste pratiquement invisible, ce qui renforce l’idée d’un acte plus large qu’un simple individu.
La fin est bouleversante, avec l’image du vrai Samuel Paty et un carton détaillant les jugements des différents protagonistes — adolescents, parents — ayant reçu des peines adaptées selon leur implication. C’est un rappel brutal mais nécessaire de la réalité.
C’est un très bon film, qui permet réellement de mieux comprendre les événements, sans jamais tomber dans le sensationnalisme. À noter également l’absence de toute scène de tabagisme ou d’alcool, un détail mineur mais qui participe à la sobriété générale de l’œuvre.
Cet avis a été écrit avec l’aide de l’intelligence artificielle.
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