Résumé
Colin, un jeune homme sans histoire, rencontre Ray, le leader charismatique d'un club de motards. Il l'introduit dans sa communauté queer et fait de Colin son soumis.
Avis CinéSam (film vu le : 06/03/2026)
Alors qu’il avait été présenté à Cannes 2025 dans la sélection Un certain regard, je suis sorti de Pillion avec un sentiment très mitigé, presque aussi inconfortable que ce fameux siège arrière de moto qui donne son titre au film 😉. Adapté du roman « Box Hill » d’Adam Mars-Jones, le film suit Colin, un homme timide et un peu paumé, embarqué malgré lui dans une relation BDSM avec Ray, un motard charismatique à la beauté presque irréelle, campé par Alexander Skarsgård 😈. On est clairement dans une sorte de 50 nuances de Grey gay, mais transposé dans le milieu des motards, avec cuir, bottes et petites humiliations du quotidien comme terrain de jeu, plutôt que les salons aseptisés des romances mainstream. Le petit budget (environ $1 million) et le côté film indépendant se ressentent à l’image : ça reste assez intimiste, parfois un peu sec visuellement, mais cohérent avec ce récit de parking, de pavillon de banlieue et de bar de bikers où l’on parle peu mais où les corps disent tout.
Je trouve que la relation atypique dominant-dominé est le vrai moteur du film, et là-dessus Pillion assume pleinement son sujet : Colin devient le soumis à plein temps de Ray, entre tâches ménagères, règles imposées et moments de tendresse troublants, dans une dynamique où le consentement est constamment sous-jacent, même quand la mise en scène flirte volontairement avec le malaise 😬. Le film va loin dans l’idée que tout est « ok tant que tout le monde est consentant et heureux », en questionnant justement à partir de quand ce bonheur est réel ou fantasmé, et pourquoi une relation devrait-elle être conventionnelle pour être légitime. J’ai aimé la manière dont les opposés s’attirent ici : Colin, muré dans sa gêne et son manque d’estime de soi, face à Ray, biker sûr de lui, presque mythologique dans sa façon d’occuper l’écran, comme une projection géante du fantasme de Colin.
Côté casting, les acteurs sont globalement ok, mais c’est vraiment le duo principal qui tient tout. Harry Melling compose un Colin perpétuellement crispé, drôle malgré lui, ce qui colle bien à ce mélange de drame romantique et d’humour british en arrière-plan, même si je n’ai pas beaucoup ri 😐. Quant à Skarsgård, son jeu m’a fait penser à celui qu’il avait dans la série Murderbot – journal d’un Assasynth (Apple TV+) : un peu opaque, regard en coin, économie de mots, comme s’il fonctionnait selon un protocole émotionnel minimal, où l’empathie est filtrée par la dynamique de pouvoir. Cette distance calculée crée un personnage fascinant mais parfois frustrant, parce que le film ne nous donne que de rares accès à son intériorité, ce qui renforce l’impression que seule l’évolution de Colin compte, et encore, de manière assez limitée.
Justement, l’évolution d’un seul personnage, Colin, m’a laissée un peu sur ma faim : on voit bien son arc, de paumé solitaire à soumis dévoué qui commence à se poser des questions, mais je trouve que le film effleure plus qu’il n’explore en profondeur sa prise de conscience 🧐. Il y a des scènes qui suggèrent une vraie remise en question du rôle de soumis 24/7, mais la trajectoire reste un peu écrasée par la mise en avant de la relation elle-même, au détriment de la construction d’un avant et d’un après plus marqués. Ray, lui, demeure presque volontairement énigmatique, comme si le réalisateur refusait d’en faire un personnage psychologiquement lisible, préférant le garder dans le flou d’un fantasme potentiellement dangereux.
Là où je reste également insatisfait, c’est sur la disparition de Ray : elle est partiellement compréhensible — on devine qu’il replie le fantasme sur lui-même dès que les règles sont transgressées, que le contrat implicite est rompu — mais il manque clairement quelque chose pour que la mécanique affective soit pleinement satisfaisante 🤔. La « mascarade » avant de disparaître, ces moments où il semble rejouer encore une fois la mise en scène du couple dom/sub, peuvent se lire comme un ultime test : vérifier si Colin est prêt à se couler définitivement dans ce moule, ou au contraire constater sa désobéissance et s’éclipser pour ne pas affronter l’intimité émotionnelle qui pointe. Le film laisse volontairement des zones d’ombre, ce qui est cohérent avec sa ambition de ne pas tout expliquer, mais sur ce point précis, j’ai eu l’impression qu’il manquait une pièce au puzzle narratif.
En termes de ton, Pillion est vendu comme une comédie romantique sombre et un peu trash, mais sur le ressenti, j’ai davantage vécu ça comme un drame romantique avec un humour british en petites touches discrètes, souvent basé sur le décalage entre la vie kinky de Colin et son quotidien très banal avec son père et la chorale 🎭. Ces moments fonctionnent plutôt bien sur le papier, mais le rire reste rare, étouffé par le poids émotionnel de la relation et les scènes de sexe parfois très crues. On est loin d’une comédie feel-good : le film reste collé à ses protagonistes, à leurs non-dits, à une forme de gêne permanente, qui rend l’expérience plus étrange que réellement drôle.
Sur la question du titre, « Pillion » renvoie très directement à la position de Colin dans cette relation : le pillion, c’est le siège secondaire derrière le conducteur d’une moto, le coussin ou le siège où s’assoit le passager, porté par la direction de l’autre 😏. Colin est littéralement et symboliquement ce passager, celui qui ne tient pas le guidon, qui suit le mouvement sans maîtriser la route, tout en y trouvant un mélange de plaisir, de vertige et de danger. C’est un titre très parlant une fois qu’on connaît le sens du mot : il condense en un terme la dynamique de pouvoir et l’acceptation — ou la remise en question — de cette position de second.
Au final, entre petit budget, film indépendant, promesse dans le milieu des motards et promesse d’humour, j’ai moyennement apprécié l’expérience : je trouve le film intéressant sur le papier, audacieux sur la représentation d’une relation bdsm queer consentie et non conventionnelle, mais un peu bancal dans son équilibre entre drame romantique, chronique de l’estime de soi et pseudo « dom-com » 😕. La mise en scène de Harry Lighton — qui signe ici son premier long métrage après des courts remarqués — montre un vrai potentiel, mais j’ai le sentiment que Pillion fonctionne plus comme étude de cas inconfortable que comme récit pleinement satisfaisant, ce qui explique que ma cote mentale tourne aussi autour d’un 5/10.
Sources : Allociné, IMDb, Wikipedia, HeyUGuys, Keeping It Reel
Cet avis a été écrit avec l’aide de l’intelligence artificielle.
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