Gourou

Méfiez-vous de vos idoles

20262 h 06 min
Résumé

Matt est le coach en développement personnel le plus suivi de France. Dans une société en quête de sens où la réussite individuelle est devenue sacrée, il propose à ses adeptes une catharsis qui électrise les foules autant qu'elle inquiète les autorités. Sous le feu des critiques, Matt va s'engager dans une fuite en avant qui le mènera aux frontières de la folie et peut-être de la gloire...

Métadonnées
Titre Gourou
Titre original Gourou
Réalisateur Yann Gozlan
Durée 2 h 06 min
Date de sortie 28 janvier 2026
Pays  France
Budget 0
Recettes 0
Site officiel
Détails
Média
Statut Disponible
Note Très bon
Images
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Acteurs
Avec : Pierre Niney, Marion Barbeau, Anthony Bajon, Christophe Montenez, Jonathan Turnbull, Raphaëlle Simon, Tracy Gotoas, Holt McCallany, Léonie Simaga, Manon Kneusé, Paul Scarfoglio, Leanna Chea, Deborah Grall, Laurie Catherine Winkel, Jérôme Pouly, Cindy Renou, Arnaud Klein, Éric Naggar, Olivier Lanchy, Pascaline Chotard, Cyril Hanouna, Nicolas Demorand, Géraldine Maillet, Jean-Michel Maire, Gilles Verdez, Danielle Moreau, Guillaume Genton

Avis CinéSam (film vu le : 01/02/2026)

Ce qui m’a frappé en sortant de Gourou, c’est à quel point Yann Gozlan réussit à transformer ce phénomène très contemporain des coachs de développement personnel en véritable thriller, tendu, efficace et finalement assez glaçant 😈. Dès la bande-annonce, dévoilée en grande pompe fin 2025 en francophonie, on sentait que le film allait surfer sur l’aura médiatique de Pierre Niney / Coach Matt et sur l’attrait presque hypnotique qu’exercent ces figures d’« influenceurs du bien-être » ; le long métrage tient globalement cette promesse en mêlant spectacle, tension et réflexion sur la manipulation.

J’ai beaucoup aimé comment le film expose la montée en puissance de ces coachs de développement personnel, désormais omniprésents et souvent présentés comme des sauveurs, alors qu’ils flirtent dangereusement avec le charlatanisme et l’arnaque psychologique 😬. Gozlan montre bien cette façade d’intentions louables – aider, libérer, « révéler le potentiel » – qui cache en réalité des mécanismes d’emprise, d’isolement et d’enrichissement personnel, en profitant de la naïveté ou de la crédulité des gens. On sent d’ailleurs à quel point ce monde du coaching se rapproche des « évangélistes » américains, ces prédicateurs qui font un show gigantesque en invoquant une divinité ; simplement ici en remplaçant la religion par le bien-être et la réussite personnelle : même mise en scène, même promesse de salut, même logique de business. Le film joue très bien sur cette dimension de spectacle, avec des séminaires géants, un rapport direct au public, une parole performative qui électrise la salle… et inquiète les autorités.

L’un des aspects que j’ai trouvés particulièrement intéressants, c’est le lien explicite avec le projet de loi en France visant à encadrer les dérives sectaires et, plus largement, ce type de coaching en roue libre 👀. Matt se retrouve dans le viseur d’une commission parlementaire alors qu’une loi se prépare pour renforcer la lutte contre les dérives sectaires, ce qui renvoie très clairement à la loi française du 10 mai 2024 (renforcement contre les dérives sectaires) et au débat actuel sur la régulation de ces pratiques. Par contraste, en Belgique, on reste encore dans une zone grise où la profession de coach n’est pas vraiment encadrée, même si des voix s’élèvent pour demander une réglementation et souligner les risques d’emprise sectaire 😐. J’ai trouvé stimulant que le film fasse émerger ces questions de droit, de responsabilité et de protection des victimes, au-delà du simple suspense.

Dans Gourou, tout passe par les codes et les méthodes de ce milieu : une équipe bien huilée autour du coach, des séminaires – événements calibrés comme des shows, des slogans mantras du type « ce que tu veux, c’est ce que tu es » qui fonctionnent comme de petites injections de dopamine spirituelle 💊. J’ai apprécié la manière dont la mise en scène fait sentir la mécanique : la gestion de la foule, le warm-up, le storytelling personnel, la musique qui gonfle, les images de réussite, tout un arsenal destiné à faire oublier l’esprit critique des participants. Et puis il y a cette scène vraiment ironique où Coach Matt se démarque des autres coachs « quantiques », de ceux qui invoquent les anges ou des pseudo-énergies cosmiques : il moque leurs dérives alors qu’il applique, lui, des procédés tout aussi manipulateurs, simplement mieux emballés 😂. C’est l’un des moments où le film pointe avec le plus de finesse l’hypocrisie du milieu.

J’ai souri aussi devant la séquence sur le plateau de TPMP, où l’on sent que Gozlan s’amuse à téléporter son gourou dans l’arène d’un talk-show populaire, miroir d’une France clivée entre fascination et rejet de ce type de figures médiatiques 📺. Le passage met bien en scène la manière dont la télévision et les réseaux sociaux nourrissent ce genre de personnages, en les transformant en sujets à buzz, plus qu’en objets de débat de fond. À l’opposé, le tournage à Las Vegas ajoute une autre strate de spectacle : ce décor du capitalisme du rêve, où tout est lumière, casinos et promesse de jackpot, colle parfaitement à la trajectoire de Matt et à sa fuite en avant. J’ai trouvé que ce passage de la France et ses plateaux télé à l’imaginaire américain renforçaient la dimension universelle du phénomène.

Sur le plan de la mise en scène, Yann Gozlan reste fidèle à sa réputation de réalisateur précis et méticuleux, déjà visible dans Boîte noire ou Un homme idéal 🎬. La mise en scène de Gourou est propre, rigoureuse, avec un vrai sens du cadre et du rythme interne des scènes, même si certains pourront pointer quelques longueurs. Le travail sur les lumières m’a particulièrement plu : les salles de séminaires baignées de faisceaux colorés, presque hypnotiques, tranchent avec des intérieurs plus froids et réalistes, ce qui matérialise visuellement l’écart entre le show et la réalité. Cette photographie accentue l’enfermement mental du personnage principal, comme si la lumière devenait elle-même un outil d’emprise.

En termes de suspense, j’ai trouvé que le film fonctionnait vraiment bien comme thriller, avec plusieurs petits twists disséminés dans le scénario 😏. Les rebondissements autour des accusations, des morts suspectes et des retournements de situation maintiennent une tension constante, tout en accompagnant la descente aux enfers de Matt. Certains revirements peuvent paraître un peu appuyés, mais globalement, la structure tient la route et permet de rester accroché au destin de ce personnage à la fois répugnant et fascinant. J’ai vraiment passé un bon moment, porté par cette mécanique de thriller efficace.

Pierre Niney est clairement à fond dans son rôle, et c’est l’un des grands atouts du film 🔥. Il incarne ce coach en développement personnel charismatique, manipulateur et profondément toxique avec une intensité impressionnante, oscillant entre sourire rassurant et regards affolés au bord de la paranoïa. On sent qu’il porte le film de bout en bout, une performance dans le spectacle, et cette mise en abyme fonctionne très bien : l’acteur, comme le personnage, doit « tenir la salle ». J’ai aussi apprécié que les autres personnages existent vraiment, notamment la compagne de Matt et son entourage professionnel, même si certains restent un peu écrasés par la présence du héros, ce que plusieurs critiques soulignent aussi.

Un détail qui m’a frappé, c’est l’absence quasi totale de cigarette ou de vape, dans un univers où l’on aurait pu s’attendre à les voir traîner dans les loges ou en coulisses 🚭. À la place, le film met plutôt en avant l’alcool et les médicaments, voire les drogues, comme béquilles d’un système qui prétend prôner le bien-être mais fonctionne en coulisses à coups de substances, de nuits blanches et de pression constante. Ce choix rend d’autant plus visible la contradiction entre le discours de santé mentale, d’équilibre et d’épanouissement, et la réalité d’un milieu au bord de la rupture.

*ATTENTION spoilers ! (cliquer pour lire quand-même)
Là où je suis plus partagé, c’est sur la fin : que Matt s’en sorte, une fois de plus, m’a laissé un vrai goût amer 😑. On peut y voir une forme de lucidité – après tout, dans la réalité, nombre de gourous médiatiques retombent sur leurs pieds – mais j’ai l’impression que le film se prive d’un impact plus radical en termes de mise en cause. Cette conclusion entretient un malaise qui a aussi sa pertinence : elle nous renvoie à notre propre complicité de spectateurs, toujours prêts à suivre la dernière figure charismatique malgré les scandales.

Au final, je trouve vraiment important que des films comme Gourou existent pour exposer ces phénomènes d’emprise, de manipulation et de dérives du développement personnel, tout en restant dans le registre d’un bon thriller grand public 😊. Le film n’est pas parfait, mais il remplit pleinement son rôle de miroir : il nous donne à voir un monde où le besoin de sens et de succès devient le terrain de jeu idéal pour les gourous modernes, qu’ils soient spirituels, politiques ou « bien-être ». Entre une mise en scène soignée, un sujet brûlant d’actualité et un Pierre Niney habité, j’ai passé un très bon moment de cinéma, à la fois diverti et un peu inquiet pour notre époque…

Sources : AlloCiné IMDb Wikipedia Les Grignoux Le Monde Cerveau & Psycho Vie publique – loi dérives sectaires Le Vif – coaching Belgique

Cet avis a été écrit avec l’aide de l’intelligence artificielle.

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Critiques en ligne

Bande-annonce et lien Plex

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