Résumé
Habité par Victor Hugo, le comédien Robert Zucchini traîne une douce mélancolie lorsqu'il n'est pas sur scène. Chaque soir, il remplit les salles en transmettant son amour des mots. Jusqu’au jour où réapparaît sa fille, qu’il n’a pas vue grandir… Et si aimer, pour une fois, valait mieux qu’admirer ?
Avis CinéSam (film vu le : 20/03/2026)
Dans Victor comme tout le monde, j’ai vraiment eu l’impression de voir Luchini jouer un ersatz de lui-même, ce Robert Zucchini façonné à son image, à la fois cabotin et mélancolique, comme un double un peu décalé qui assume enfin pleinement sa réputation de « réciteur » de Victor Hugo 😏. Sacré personnage, d’ailleurs : habité par les textes, mais complètement débordé par la vie réelle, surtout quand la paternité vient se rappeler à lui à travers cette relation père-fille longtemps laissée en jachère, qui devient le cœur émotionnel du film et donne un sens plus intime à ce voyage entre Paris et Guernesey 🥺.
Je n’ai pas pu m’empêcher de penser qu’on était face à un petit film sans prétention, presque un premier film tant la mise en scène m’a paru archi classique, modeste, fonctionnelle, comme si Pascal Bonitzer s’effaçait volontairement derrière les mots de Sophie Fillières et le jeu de son acteur fétiche 😊. Ce classicisme assumé devient parfois frustrant, parce qu’entre Paris (filmée comme une promenade presque estivale) et Guernesey (destination obligée pour confronter enfin Zucchini à la maison de Victor Hugo), j’aurais aimé que le cinéma prenne plus de risques visuels, surtout pour accompagner ce parallélisme constant entre la vie de l’écrivain et celle de ce comédien « possédé » par lui 🌊.
Le film repose avant tout sur les dialogues, beaucoup plus que sur ce qu’on voit à l’écran, et là je reconnais avoir pris un certain plaisir à écouter ces tirades littéraires, ces pas de deux verbaux où la jeunesse féministe vient bousculer la statue Hugo, l’accusant de « queutard » et de grand séducteur, tandis que Zucchini tente désespérément de défendre son idole sans trop paraître ringard 🤓. La jeunesse face à la littérature est d’ailleurs l’un des aspects qui m’ont le plus intéressé : ces étudiantes, cette troupe, ces spectatrices qui réinterprètent Hugo à l’aune du féminisme contemporain, interrogent la place de l’artiste, de l’homme et de ses contradictions, tout en renvoyant Zucchini à sa propre lâcheté sentimentale et paternelle 💥.
Le féminisme s’incarne aussi dans des scènes plus frontales, comme ce nu frontal féminin de Pia Pépin – incarnée par Suzanne De Baecque, un moment qui sort de nulle part, très franco-français… – que Zucchini surprend, immédiatement inquiet de se faire « metooiser », révélant à la fois son malaise de quinqua face à une génération qui ne joue plus avec les mêmes codes, et la manière dont le film tente, parfois maladroitement, de faire dialoguer les nouveaux rapports de pouvoir 😳. Ces moments, un peu provocateurs mais finalement assez inoffensifs, se mêlent à de petits motifs presque anecdotiques – comme les cigarettes sur le bateau lors du périple vers Guernesey – qui m’ont semblé à la fois inutiles et pourtant révélateurs de ce cinéma à l’ancienne, où l’on fume, on parle beaucoup, on regarde la mer, sans jamais vraiment bousculer la forme mais en instillant doucement une mélancolie diffuse 🚬.
J’ai aussi beaucoup apprécié la façon dont le film fait de la découverte de l’œuvre et de la vie de Victor Hugo un parcours à la fois pédagogique et ludique : passages de théâtre, récitations, inserts du spectacle de Zucchini, tout cela donne l’impression qu’on est devant une sorte de boîte à idées où documentaire et fiction se répondent, comme si l’on assistait à un cours magistral légèrement ivre de belles phrases 📚. Quelques passages amusants émergent de cette approche littéraire – notamment les séances de spiritisme reconstituées, les discussions sur la vie sentimentale pour le moins chahutée d’Hugo ou encore ces échanges intergénérationnels où Lisbeth et les jeunes femmes refusent de sacraliser l’auteur – et créent des moments surprenants qui réveillent le récit quand il menace de tourner en rond 😉.
Si la relation père-fille traverse tout le film, j’ai trouvé que ce parallélisme revendiqué entre Zucchini et Lisbeth d’un côté, Hugo et Léopoldine de l’autre, manquait parfois de chair, comme si l’intention était plus forte que la mise en scène des affects 😐. Pourtant, le final m’a touché : ce voyage à Guernesey qui glisse vers une forme d’allégorie, entre sauvetage en mer et tentative de réparation symbolique des liens rompus, apporte une émotion discrète mais réelle, sans forcer sur les violons, et donne au film un dernier mouvement plus fragile, plus doux, presque réconcilié avec ses personnages 🌅.
En sortant de la salle, je gardais en tête le lien évident avec d’autres films portés par Luchini, comme Alceste à bicyclette ou La petite : même goût pour les joutes verbales, même fascination pour les ego d’acteurs, mais ici dans une version plus mineure, plus feutrée, moins jubilatoire mais aussi moins agressive 😌. Victor comme tout le monde m’est apparu comme un petit film sympathique, pas renversant mais attachant, où Luchini joue avec son image sans la dynamiter, et où la mise en lumière des différences entre les générations, du féminisme aux nouvelles manières de lire la littérature, donne suffisamment de relief pour que je ne regrette pas le voyage, même si ma propre cote reste mesurée 🤷♂️.
Sources : AlloCiné, IMDb, Les Grignoux Movierama, Les Inrockuptibles
Cet avis a été écrit avec l’aide de l’intelligence artificielle.
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