Résumé
Benjamin et le Petit Pierre, deux cousins agents de quartier, patrouillent dans Vitrival en écoutant Radio Chevauchoir. Ils ont fort à faire: des graffitis de bites pullulent sur les murs du village, et personne n’a rien vu. Au même moment, c’est un habitant suicidé qu’on enterre… puis deux, puis trois. Saison après saison, tandis qu’un tambour fait du tapage, les graffitis continuent, les suicides aussi. Que peuvent faire Pierre et Benjamin? Cela n’empêchera pas les jours et les fêtes de continuer leur cours.
Avis CinéSam (film vu le : 20/02/2026)
J’ai regardé « Vitrival », sur RTBF Auvio en prévision des René (ex-Magritte du cinéma), car lors de sa sortie fin 2025 je n’avais pas eu l’occasion d’aller en salles, or il était dans ma liste.
Le film m’a donné l’impression de retourner dans une certaine Wallonie de mon enfance, au cœur d’une vie locale rurale où traditions, grand feu au carnaval, kermesse et cortèges folkloriques rythment le temps 😌. Dans ce village de Vitrival, existant réellement dans la commune de Fosses-la-Ville en Province de Namur, le film prend la forme d’une enquête policière en milieu rural wallon, suivant deux cousins-policiers, Benjamin et Petit Pierre, submergés par une série de suicides et par des graffitis obscènes en forme de sexes masculins qui prolifèrent sur les murs. Entre leurs rondes au son de Radio Chevauchoir, un vapotage dans la voiture, un cigare dans un jacuzzi et quelques dialogues en anglais qui surgissent au détour d’une scène, le film compose un portrait doux-amer d’un village où le quotidien le plus banal côtoie un malaise profond.
Le rythme lent, clairement voulu, épouse le temps rural et donne au récit un petit esprit Strip Tease, entre documentaire et fiction, comme si la caméra captait le village en prise directe 😶. La majorité d’actrices et acteurs non professionnels – certains nettement plus à l’aise que d’autres – renforce cette impression de réel, avec un jeu parfois maladroit mais souvent touchant, qui rend les personnages attachants malgré leurs limites 😊. La présence de dialogues en wallon, l’accent fort prononcé et ces glissements ponctuels vers l’anglais ancrent encore davantage le film dans son terroir, tout en montrant qu’un coin reculé peut rester traversé par des influences extérieures 🎙️. Cette langue, ces voix, ces gestes du quotidien font écho à ma propre expérience de la campagne, à cette vie locale rurale où tout le monde se connaît mais où l’on parle rarement du mal-être qui ronge certains.
Sous des airs de comédie, parfois franchement décalée avec ces graffitis de bites omniprésents, « Vitrival » aborde justement des thématiques lourdes comme le mal-être en milieu rural, la solitude et la dépression, en les fondant dans la texture du village plutôt qu’en les traitant comme un simple ressort de polar 😔. Les traditions – grand feu, carnaval, kermesse, cortèges – ne sont pas réduites à du folklore de carte postale : elles apparaissent comme des rituels à la fois fédérateurs et répétitifs, qui masquent autant qu’ils révèlent les fractures du lieu. C’est précisément cette coexistence entre le comique, le trivial et le tragique qui donne au film sa personnalité, même si elle peut désarçonner.
La fin, en revanche, m’a laissé dans une grande frustration : il n’y a pas de réel dénouement de l’enquête, pas de réponse claire sur les suicides ou sur le sens profond des graffitis, comme si tout cela restait un symptôme jamais totalement élucidé 🤨. On peut y voir, dans la scène finale, la volonté de montrer le cycle des saisons, de la vie, celui d’un village qui continue à avancer malgré les drames, préférant absorber les blessures plutôt que les résoudre. Intellectuellement, ce choix s’accorde avec la démarche réaliste, le rythme lent et l’observation quasi documentaire, mais en tant que spectateur, j’aurais souhaité un dénouement plus affirmé. « Vitrival » reste ainsi pour moi un film attachant mais bancal, fragile mais singulier, qui réussit à capter un bout de Wallonie rurale avec ses accents, ses traditions, ses flics un peu paumés, son humour de terrain et son malaise diffus, tout en assumant le risque de laisser l’enquête – et le spectateur – en suspens 🙂.
Sources :
Cinergie.be – Vitrival (cinergie.be)
WBImages – Vitrival (wbimages.be)
Les Grignoux – Vitrival (grignoux.be)
BRIFF – Vitrival (ugc.be)
Karoo – Vitrival et le cinéma réaliste (karoo.me)
Cet avis a été écrit avec l’aide de l’intelligence artificielle.
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