L’Ecume des Jours

oblivionDate de sortie : 24 avril 2013

Réalisé par : Michel Gondry

Synopsis : Colin est un jeune homme d’une trentaine d’années, et ayant des quantités de doublezons en réserve, il ne travaille pas et mène une vie plutôt agréable et confortable, en compagnie de son cuisiner-avocat-maître à penser Nicolas, et de son ami Chick. Un jour Chick vient lui rendre visite et lui dit qu’il a rencontré une fille. Colin trouve que c’est injuste et que lui aussi voudrait tomber amoureux. Ensemble ils se rendent à une fête donnée par Isis, une amie commune issue de la haute bourgeoisie. Chez Isis, Colin fait la rencontre de Chloé, et ils tombent amoureux. Cependant Chloé tombe malade : elle attrape un nénuphar au poumon droit, et le monde autour de Colin va commencer à changer.

Avis : Pas facile de transposer à l »écran le roman de Boris Vian  paru en 1947. Charles Belmont s’y était déjà essayé en 1968 et n’a pas rencontré de franc succès (je n’ai pas vu sa version cependant…il est donc un peu déplacé de juger ou comparer…) ; cette nouvelle tentative remise au goût du jour est plutôt une réussite à mon sens. Pour une fois (!) j’ai lu le roman avant – il y a plusieurs années… – et je peux donc « comparer » et « juger ».

Un mot résume bien cette réalisation : surréaliste.  L’histoire est fidèle a l’esprit du roman (pianocktail, biglemoi, …), avec quelques trouvailles anachronico-actuelles (Google, GSM…), l’absurde est au rendez-vous toutes les cinq minutes.

Si la première partie est très colorée, lumineuse, à partir de la moitié et jusqu’à la fin tout change peu à peu : l’image devient terne, grise, pour finir en noir et blanc, ce qui laisse vraiment transparaître la dégradation du monde autour du personnage principal. Michel Gondry aime le « bricolage », il est connu pour cela. La technique d’animation en « stop-motion » est souvent employée ici. Les décors, les costumes et les effets spéciaux sont réussis, dans cet esprit bricolage. Le passage de la danse du « biglemoi », entre autres, est assez rigolo. Du côté des acteurs,  j’ai trouvé  Romain Duris et Audrey Tautou pas mauvais mais assez lisses ; heureusement Omar Sy et Gad Elmaleh relèvent un peu le niveau. On saluera aussi Philippe Torreton en « guest star » dans le rôle de Jean-Sol Partre…La musique jazz est emblématique, Duke Ellington est mis en avant, tout comme dans l’oeuvre de Vian.

Petit bémol, quelques moments mettent mal a l’aise, certains passages sont ‘hard’ : la patinoire, l’arrache-coeur,… mais ne sont pas gore pour autant. Les lecteurs des écrits de Vian ne seront pas trop surpris.

De nombreux thèmes sont abordés, et je ne vais pas refaire ici le cours de littérature de l’enseignement secondaire, dans lequel la majorité (la totalité?) d’entre nous avons étudié L’Ecume des Jours en long et en large…

En résumé il s’agit d’un bon film, à réserver cependant à un public qui aime le surréalisme !

Cotation : 8/10 – Très bon film, à voir.

Bande-annonce :

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